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Comme nous le savons, le terme « contre-transfert » a un aussi grand nombre de significations que le terme « transfert ». Freud envisagea d'abord le contre-transfert en rapport avec les taches aveugles de l'analyste qui représentaient un obstacle à l'analyse. Dès le début, le contre-transfert fut donc vu par Freud « comme un obstacle à la compréhension libre du patient par l'analyste ». Dans le contexte, Freud considérait le psychisme de l'analyste comme « un instrument… dont le fonctionnement efficace dans la situation analytique était gêné par le contre-transfert ». Le contre-transfert chez l'analyste était l'équivalent de la résistance chez le patient.
Dans la mesure où il s'agit du transfert, souvenez-vous que Freud y vit d'abord un obstacle, mais le considéra plus tard comme un véhicule indispensable au travail analytique. Il n'alla toutefois pas jusque-là au sujet du contre-transfert mais ce pas inévitable fut franchi après Freud.
Un développement capital intervint dans la littérature psychanalytique lorsque le contre-transfert « commença à être considéré comme un phénomène important pour aider l'analyste à comprendre le sens caché du matériel apporté par le patient. L'idée essentielle… est que l'analyste possède des éléments de compréhension et d'appréciation des processus qui se déroulent chez son patient, que ces éléments ne sont pas immédiatement conscients et qu'ils peuvent être décelés par l'analyste s'il surveille ses propres associations mentales tandis qu'il écoute le patient » (Sandler, Dare et Holder, 1973).
La première communication explicite sur la valeur positive du contre-transfert fut faite par Paula Heimann (1950). D'autres ont traité et développé le sujet. Toutefois, les deux articles de Paula Heimann (1950-1960) doivent être signalés comme des points de repère dans le changement de perspective sur le contre-transfert. Elle commença par considérer le contre-transfert comme se rapportant à tous les sentiments