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La difficulté éprouvée à me former une conception d'ensemble et à donner une définition précise du contre-transfert rencontre celle qui se dégage de la littérature consacrée à ce sujet depuis de nombreuses années. On retrouve souvent, chez un même auteur, une hésitation prononcée entre deux attitudes : s'en tenir à une définition étroite, celle qui est restée la plus courante, en fait la plus ancrée dans le domaine pratique et la technique en fonction de laquelle elle a été élaborée ; ou élargir le concept, ce qui tend à se produire dès que l'on cherche à s'orienter vers une attitude heuristique, l'évolution de la psychanalyse et l'extension de sa pratique au-delà des névroses de transfert y conduisant inévitablement.
C'est bien à cette démarcation que se situe le partage entre deux sortes de définitions. Les deux cependant sont inséparables de l'idée que l'on se fait du transfert (1).
La plus ancienne vient du modèle médical et scientiste en vigueur au départ : écouter de façon voulue objective les propos du patient et retrouver le souvenir d'un événement relié à la réalité extérieure, ce qui conduisit très vite à dégager l'équivalence entre les symptômes et la réminiscence, le transfert étant compris comme résistance à la réminiscence, mais aussi comme répétition, d'où sa considération comme « fausse liaison », non sans que soit souligné cependant le caractère subjectif chez le thérapeute d'un effort éprouvé comme nécessaire à vaincre la résistance, première évocation d'une intersubjectivité.