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Après avoir rapporté le cas Schreber, Freud se lance « à l'aventure dans l'inconnu » et commence son interprétation des troubles du Senat präsident. D'emblée l'accent est mis sur la visée érotique dont Flechsig fut l'objet. Cette interprétation, qui éclaire l'homosexualité inconsciente du président, s'appuie pour se construire sur la mise en chaîne par Freud lui-même de représentations issues des mémoires du célèbre malade. C'est ainsi que l'attachement de Mme Schreber à Flechsig « dont elle gardait le portrait sur le bureau », les rêves de rechute de Schreber survenus après sa première hospitalisation, et enfin le fantasme concernant l'impression « qu'il devait être beau d'être une femme soumise à l'accouplement » constituent les maillons d'une chaîne établie par Freud, débouchant sur l'interprétation susmentionnée. La réalisation hallucinatoire exprimée par les rêves de rechute s'appuie sur la figuration répétitive de la pensée latente « je veux revoir Flechsig ». Prudemment, Freud fait à ce propos une hypothèse :
« … Peut-être un état de tendre attachement avait-il subsisté en Schreber, à titre de reliquat de cet état morbide (c'est nous qui soulignons), attachement qui, à présent — pour des raisons inconnues — (nous soulignons de nouveau) s'intensifie au point de devenir une inclination érotique… « Cette inclination fut rejetée » (sous-entendu dans l'inconscient) « par une protestation mâle. »
Freud vient de se montrer d'une prudence inhabituelle. Pour le lecteur averti, il ne fait guère de doute que le reliquat d'attachement qui subsiste après le premier épisode de la maladie est considéré par Freud comme le reste d'un lien transférentiel, « reliquat de cet état morbide », dont la rupture prématurée a entraîné une sexualisation de cet attachement. Pourquoi Freud parle-t-il de « causes inconnues »,