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Ecrire à propos du contre-transfert est un défi à l'entendement. Que l'analyste puisse parler de l'inconscient de ses patients, passe encore, mais du sien propre, c'est vraiment là accéder sans pudeur aux plates-bandes réservées au philosophe.
Aussi pour éviter de me perdre en terrain étranger vais-je me contenter de parler de ce que je crois être le contre-transfert en situation analytique.
Ma thèse sera restrictive : 1) Le contre-transfert dont je parlerai s'oppose ou s'appuie contre, contre le transfert du patient. En ceci il lui est secondaire ; 2) Comme le transfert il est de nature sexuelle ou érotique, il est ainsi à la fois nuisible et utile ; 3) Il marque une faillite de l'instrument analytique puisqu'il resexualise le champ analytique ; 4) Sporadique mais inévitable, il pourra néanmoins être utilisé pour trouver et créer à la fois l'explication du transfert du patient qui est à l'origine de son émergence.
Je vais maintenant me situer rapidement par rapport à une phrase de Freud et à deux définitions classiques :
Freud (1) dit, comme chacun sait, que le contre-transfert qui surgit chez l'analyste est le résultat de l'influence du patient sur ses sentiments inconscients et qu'il se sentirait presque enclin à insister pour que l'analyste reconnaisse ce contre-transfert en lui et le surmonte.
Je pense que le « presque » n'est plus de mise et que c'est une tâche et une qualité importantes de l'analyste que de pouvoir reconnaître son contre-transfert — ce qui est différent que de n'en pas avoir —, donc de pouvoir se dégager de son emprise.
D'autre part j'appuierai sur « l'influence du patient », localisant cette influence au niveau du transfert, transfert que l'analyste n'a pas décelé au moment de l'émergence du contre-transfert, transfert du patient dont l'analyste n'est pas conscient.
Rycroft (2), dans son Dictionnaire de psychanalyse, donne deux