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« Croyez-moi… je reste conséquent avec mes instincts. »
Lorsqu'il est question du contre-transfert, on commence souvent par situer le propos relativement aux diverses acceptions du concept. Tantôt on retient la définition étroite, qui ne concerne que les réactions inconscientes au transfert de l'analysé, avec leur accent le plus souvent péjoratif ; tantôt on adopte une définition extensive englobant tout ce qui, de la personne de l'analyste, intervient dans la cure et peut même y jouer le rôle d'instrument. Michel Neyraut, on le sait, a repoussé encore les limites de cette définition en posant que le contre-transfert, en tant qu'il comprend la pensée psychanalytique et une demande implicite de l'analyste, précède même le transfert (2). Il n'y a peut-être pas lieu de choisir, c'est affaire de circonstance, encore qu'il soit prudent sur le terrain de suivre la première définition, la seconde se prêtant mieux à un travail spéculatif. Pour ce que je veux exposer ici, l'acception large est celle qui convient le mieux, on le verra, je pense, dans la suite de mon développement.
Depuis longtemps déjà je suis frappé par un phénomène singulier dont chaque praticien a sans doute fait l'expérience et qui se produit dans l'esprit même de l'analyste au cours de son travail. Tandis qu'il écoute son patient avec l'attention que l'on sait, l'analyste perçoit en lui une activité psychique différente de toutes celles, affects compris, qui lui sont habituelles dans cette situation. Brusquement surgissent des représentations étranges, des phrases inattendues et grammaticalement construites, des formules abstraites, une imagerie colorée, des rêveries plus ou moins élaborées, la liste n'est pas limitative, mais ce qui compte surtout, c'est l'absence de rapport compréhensible avec