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Le présent ouvrage édité en 1960 (traduction de l'anglais, 1975) est le dernier d'une trilogie comprenant :
Myth and guilt, 1957.
Mystery on the mountain, 1959.
Il pourrait s'intituler : « Mary, Mary, quite contrary », ou mieux : « tomer verkehrt », expression laconique faite du yiddish « peut-être » et du mot allemand « à l'envers ». Lorsque les vieillards de sa famille discutent de la création d'Eve selon la genèse yahwiste de la Bible, le tout jeune Theodor a l'impertinence de proférer cette remarque habituelle aux talmudistes… mais pour d'autres passages
Si l'on songe « tomer verkehrt » on en arrive au Freud de 1911 postulant (lettre à Jung du 17-XII-1911) Eve comme mère d'Adam devenue sa femme et on peut évoquer les déesses mères du Moyen-Orient avec leur jeune dieu (fils-amant).
Th. Reik prend une direction intéressante par sa concrétude en postulant que la tradition devenue orale puis écrite de la genèse le cède en efficacité évocatrice à une phase plus primitive où la communication est véhiculée par des formes théâtrales, des gestes, des danses. Il tente de dépasser l'incuriosité des théologiens et des savants pour jeter un pont entre les rites tribaux d'initiation et le texte biblique de la création d'Eve.
Sans récapituler le matériau ethnologique traité dans la plaquette de Th. Reik, notons qu'il autorise cette comparaison. La chronologie des événements bibliques, où se succèdent le sommeil d'Adam, sa circoncision, d'un prépuce ou d'une côte, et la possession d'Eve peut trouver un certain équivalent dans les usages rituels qui soumettent les fils aux pères et permettent l'accès à une renaissance marquée par l'obligation sexuelle.
Th. Reik est frappé du côté farce, canular, mystification de la naissance d'Eve à l'instar du drame initiatique tribal monté au grand effroi — également rituel — des femmes confinées à la périphérie de la mise en scène, à elles interdite, de la mise au monde des fils par les pères.
L'auteur le réaffirme, p. 125, « le mythe de la naissance