You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Dites tout ce qui vous passe par l'esprit. » Telle est l'invitation du psychanalyste à son patient, la règle du jeu explicite ou implicite de la psychanalyse depuis les plus anciens textes de Freud sur la « technique » psychanalytique (depuis 1903, 1913 jusqu'à l'Abrégé). Pour tout psychanalyste, cette règle fondamentale comporte une prise de position théorique concernant la contradiction des processus primaires et des processus secondaires et les contraintes que fait peser le système Ics sur le système Pcs. Cette invitation apparemment anodine a comme vertu principale, on le sait, de ne pas pouvoir être suivie. « Vous allez observer que, pendant votre récit, diverses idées vont surgir, idées que vous voudriez bien rejeter… Ne cédez pas à cette critique et parlez malgré tout » (1913). Freud savait déjà, en écrivant ces lignes, qu'aucun patient ne peut, au début d'une analyse, prendre cette attitude d'observateur décrivant à son analyste le paysage interne qui se déroule ainsi en lui et devant lui. Transfert et résistances sont les concepts permettant de comprendre pourquoi une partie significative de ce qui devrait être « observé » disparaît devant l'observateur, tandis qu'une autre partie subit d'intéressantes transformations.
Il n'en reste pas moins que la règle fondamentale donne à la parole du patient un statut nouveau pour lui, statut qui est complété par l'usage non moins particulier que fait l'analyste de sa propre parole (le silence et les interprétations). Dans les écrits de 1913, Freud souligne au passage quelques différences entre le maniement traditionnel de la parole et ce que devrait dire le patient. « Tandis que vous cherchez généralement, comme il se doit (1), à ne pas perdre le fil de votre récit et à éliminer toutes les pensées, toutes les idées secondaires qui gêneraient votre exposé et vous feraient remonter au déluge, en analyse vous procéderez autrement… » A cette époque, Freud n'avait pas renoncé à la recherche de renseignements biographiques