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Comme psychologue cognitif intéressé par la psycholinguistique, il me semble nécessaire de préciser le pourquoi d'un article dans ce journal. Cet article a pour origine la Conférence de la Société psychanalytique de Paris, à Deauville, à laquelle j'étais invité.
En tant qu'amateur, la psychanalyse m'a intéressé vivement, mais à cette fascination s'est souvent mêlé un sentiment de frustration. Cette fascination a entraîné des discussions et des débats sans fin, au cours desquels mes propos polémiques et agressifs ont pu me faire apparaître comme un ennemi acharné de la psychanalyse. Cependant, un jour, au cours d'un débat avec le philosophe M. Bunge, je me suis retrouvé défenseur tout aussi agressif de cette discipline. Le débat, publié en espagnol, m'a surpris comme il a surpris mes amis. Depuis, mon attitude de critique rigide alterne avec des moments de sympathie non déguisée. Naturellement, on peut avancer que mes tensions et mes dissonances intellectuelles ont peu à voir avec des productions rationnelles. J'ai souvent entendu dire que telle ou telle de mes propositions dérivait ou était motivée par des problèmes affectifs. Certains, par exemple, s'intéressaient à mes discours pour les aspects libidinaux ou affectifs qu'ils recouvraient, plus que pour leur consistance rationnelle. Je suis conscient de la justesse de ces remarques mais je rétorque « et alors ? » (sans aller jusqu'à épouser la phénoménologie poussée à l'extrême qui fait dire à Husserl : « Toutes les explications économiques psychologiques d'une doctrine sont vraies puisque le penseur ne pense jamais qu'à partir de ce qu'il est »).
Dans tous les aspects de la nature, il existe — pour chaque phénomène — plusieurs niveaux de description qui peuvent être parallèles.
En observant une pomme qui tombe, on peut choisir de parler soit de la tête de l'Anglais sur laquelle elle atterrit, soit des lois de la dynamique qui rendent compte du mouvement de la chute du fruit. On peut aussi — comme le fit Newton — con