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L'accession à la fonction symbolique, puis au langage, présuppose qu'ait été rempli, sur le plan du développement initial, un certain nombre de conditions permettant la constitution, à travers les soins de la mère et les premières relations objectales, d'objets symboliques stables.
Les insuffisances ou les échecs, lorsqu'ils surviennent à ce stade, peuvent compromettre plus ou moins gravement l'organisation de ces fonctions. L'observation clinique ici proposée, de par ses caractéristiques mêmes, permet d'en cerner certains préalables essentiels et les implications théoriques et techniques qui en découlent.
Elle concerne un enfant de 3 ans et demi, fils unique, mutique, de comportement bizarre, instable, hyperactif sur un mode désordonné, sans véritable relation aux personnes ou aux objets qui l'entourent, avec une peur panique des soupiraux et des tissus de couleur blanche. Son développement aurait été normal jusqu'à l'âge de 10 mois, époque à laquelle la mère a dû être opérée pour un hématome sous-dural. Au décours d'une longue hospitalisation, elle était revenue à son domicile avec un pansement à la tête. Elle était restée longtemps diminuée et paraissait obsessionnelle et contraignante. C'est à partir de cette époque que le développement de l'enfant aurait été perturbé jusqu'au tableau clinique actuel.
Lors des toutes premières séances de sa thérapie, Luc se confirme particulièrement angoissé et dispersé. Assez rapidement cependant, on le voit explorer systématiquement les lieux et les objets de l'espace qui s'offre à lui. La thérapeute sera toujours attentive, présente, non intrusive, accompagnant l'enfant dans ses découvertes, ses réalisations, ses initiatives et ses jeux, nommant les choses ainsi découvertes ou parfois décrivant à haute voix les situations suscitées par l'enfant,