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Les réflexions qui me sont venues à propos d'une certaine catégorie d'analysés et de la symbolisation primaire vont aussi dans le sens de ce qui a été dit auparavant au cours de ce Colloque au sujet des notions de plaisir et d'affect.
Ces analysés de structure fragile et souvent dépressive m'ont paru avoir en commun une certaine façon de vivre leur début d'analyse.
Le silence de l'analyste est pour eux insupportable, tous les stratagèmes leur sont bons pour essayer de le faire sortir de ce silence.
Ce dernier est en effet vécu d'une façon très angoissante pour eux ; il signe soit notre absence, soit notre désaccord, soit notre hostilité mais ne peut être compatible avec une attitude positive de l'analyste et avec un intérêt qu'il porterait à l'analysé.
On comprend alors que tout soit mis en jeu par cet analysé pour lever ce silence et très souvent l'analyste doit parler pour ne pas susciter une réaction trop dépressive.
Ce sera, du reste, à cette phase, plus le ton avec lequel on interviendra que le contenu des paroles qui importera.
Il existe, en effet, une autre réaction intéressante chez ces analysés, à savoir que, bien que parfaitement insérés dans leur vie quotidienne et nullement délirants, ils ont beaucoup de mal à suivre le contenu des interprétations et à l'accepter.
Je pense à l'une de mes analysées actuelles qui, soit ne comprend pas ce que je lui dis, soit rejette systématiquement le contenu de mon interprétation, trouvant à tout prix une raison quelconque de la juger fausse et utilisant pour ceci les arguments les plus inattendus.
Ce qu'elle dit de son vécu à propos de ces interventions explique bien une telle réaction : « C'est curieux, dit-elle, j'ai à la fois très envie que vous me parliez et en même temps très peur. Votre parole me fait souvent sursauter comme quelque chose qui viendrait me faire du mal, comme une pierre qui pourrait me tomber sur la tête. »
Nous nous trouvons donc chez ces analysés en début de cure devant un double discours : le premier cor