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Appréhender dans le langage les représentants de l'Inconscient est un centre d'intérêt inépuisable. L'affect « non dit » fait partie de la communication et en est l'origine. A. Green lui avait rendu sa place privilégiée et nous rappelle aujourd'hui que la représentation de l'affect passe toujours par le corps du sujet.
Chacun possède toute une série de représentations substitutives propre à son histoire pour accéder aux symboles primaires dont le fantasme inconscient établit les trames (la chaîne signifiante). Les symboles primaires, au sens où Jones les définit, représentent essentiellement la sexualité, les organes génitaux, la castration, la naissance et la mort. Le langage se constitue par la reconnaissance des parties du corps… Reconnaissance car d'abord elles sont perçues chez l'Autre comme source de plaisir et deviennent « mon corps » par l'auto-érotisme qui va permettre la distinction du Moi et du non-Moi.
Ce n'est que par un retrait progressif de la libido que se fait la séparation véritable de l'enfant avec sa mère. Seule la réussite de ce détachement (au sens propre) permet la création du langage (tel le Fort-Da du jeune parent de Freud) et les premiers mots ont toujours un rapport avec les besoins du bébé (tout au moins les mots chargés de signification).
Dans l'analyse, nous tentons certes d'appréhender « les fantasmes originaires » (scène primitive -séduction -castration) mais souvent comme le dit Viderman nous ne faisons que reconstruire. Pendant la cure certains mots, les « points nodaux », émaillent le discours du sujet. Les souligner ou les interpréter est souvent bien tentant pour notre narcissisme analytique. Cela provoque, à mon sens, le même état de sidération et de désagrément que la” mise en évidence d'une « gaffe » ou d'un lapsus dans une société mondaine.
Les rejetons de l'Inconscient parfois ignorés du patient ou très chargés d'affects sont souvent bien fragiles, c'est-à-dire difficilement reconnus comme siens par le sujet. N'est-ce pas parfoi