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La psychanalyse a son franc-parler mais aussi ses amplificateurs et haut-parleurs linguistiques. Si le filtrage par le psychanalyste, au cours de la séance, de la séquence de vie, au gré du bouton « signifiant », garantit une haute fidélité à certains accords du discours tenu par le patient, toutes les chances sont par contre réunies, dans une certaine pratique du « jeu de (avec les) mots » à partir des représentations de mots, pour que, dans l'élimination des fausses notes et bruitages incongrus, la vérité du patient soit sacrifiée sur l'autel de l'esthétique du psychanalyste.
Bruyante esthétique où ce type d'intervention sur les représentations de mots ne fait écho qu'à la violence par laquelle la culture, la langue, déguise déjà le désir. En effet, le contre-transfert de l'analyste qui interprète « parle » toujours. Mais, si ce qu'il dit, aussi culturalisé soit-il (aussi cultivé, aurait-on envie de dire), peut, de manière heureuse, se fonder dans le transfert analytique et le colloque inconscient, utilisant pour ce faire ce qu'on pourrait appeler « la langue matricielle de la situation analytique », c'est-à-dire le langage patiemment accroché aux pulsions de la situation analytique, la tentation du « bon mot » peut aussi lui faire parler une langue dont le statut par rapport au discours du patient et à son ancrage pulsionnel est celui d'une langue étrangère. Cette compulsion de l'analyste à se faire plaisir tout en proposant au patient une voi(x)e d'évitement du déplaisir court-circuite le travail analytique. Il peut alors être intéressant de s'interroger sur ce que peut recouvrir la « mode » du bon mot et plus généralement de préciser ce que l'on entend de plus en plus appeler « l'interprétation du signifiant ».
Un bref fragment clinique me servira de question. Au détour d'une séquence, dans sa cure, fertile en angoisses de scène primitive et menaces « maternelles » d'incorporation, un patient, dont le surinvestissement pulsionnel du langage — précocement acquis d