You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Ce que j'ai entendu jusqu'ici dans ce Colloque a réveillé, entre autres réflexions, deux interrogations fondamentales sur lesquelles je ne puis faire ici que de brèves remarques.
Entre les discours théoriques tenus, l'un, hétérogène à ma praxis, par les linguistes, l'autre, peut-être trop homogène, par les psychanalystes, quel est le rapport possible ? S'agit-il d'une information réciproque sur deux praxis distinctes ? Y a-t-il une possible articulation ?
La question qui m'est ainsi posée : qu'ai-je à faire, moi, psychanalyste, d'un discours « théorique » sur le langage, introduit la première de ces interrogations : comment et en quel lieu de l'espace intrapsychique des psychanalystes s'inscrivent les modèles théoriques qui fondent leur pratique ?
Tout travail sur l'écoute, le contre-transfert, l'interprétation ne peut se passer, me semble-t-il, des éléments de cette réflexion première. Réflexion dont je retrouve tout l'intérêt dans cette proposition que fait Piéra Aulagnier de remplacer la notion d' « attention flottante » par celle de « théorisation flottante ».
On dit assez qu'il existe autant de dialectes psychanalytiques qu'il existe de psychanalystes. C'est, je pense, très précisément lié aux multiples façons dont les filiations psychanalytiques véhiculent (en les prolongeant, les subvertissant, ou les embaumant) les modèles doctrinaux.
La seconde interrogation concerne ce que J.-L. Donnet rappelle comme étant les deux visées — doit-on dire les deux écoutes ? — de l'analyste quant au langage de l'analysant : langage dans ses effets de communication directs, langage dans ses données structurales et leurs variations.
Les linguistes nous ont rappelé que l'acquisition du langage répondait à des lois communes à tous les enfants ; mais les différences qui intéressent les psychanalystes sont dans l'usage, l'énonciation de ce langage.
J.-L. Donnet et Janine Chasseguet ont justement rappelé que l'usage du langage reflète, dans ses infinies variations, les différentes modalité