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Malgré notre grand désir de voir converger nos points de vue, une opposition flagrante ressort entre linguistes et analystes.
Prieto nous a parlé du système d'opposition parallèle entre les signifiés et les signifiants. A. Green nous a parlé de ces signifiants, pivots entre signifiés opposés. L'un s'attache à la séparation des signifiés, l'autre à leur ambiguïté, aux ratés du système de la langue, à sa polysémie.
Freud a souvent, tout au long de son œuvre, insisté sur les mots-ponts, les Wort-Brücke, sous des éclairages plus variés que n'en conservent les efforts de théorisation qui ont suivi.
C'est sur un aspect particulier, mais fréquemment relevé dans les cures, de ces mots-ponts, que je voudrais m'étendre, celui où le mot revêt deux sens opposés et leur permet d'articuler dialectiquement, suivant le processus du clivage du Moi, et la représentation de choses, et la représentation de mots : articulations souvent dans une problématique de déni de la castration, mais aussi dans celle de la dénégation. Représentation de choses et représentation de mots vont jouer à plaisir de ces sens opposés et se jouer de nos théorisations, notamment quant à leur genèse et leur topique.
Un exemple rapidement, plusieurs fois rencontré : bandé, « recouvrant » la castration et l'érection ; mais il est indispensable pour la discussion que nous examinions les associations détaillées d'exemples riches.
Après avoir analysé ceux-ci nous tenterons de les interpréter :
— sous l'angle génétique à partir de théories générales du double sens dans le fonctionnement mental ;
— sous l'angle dynamique, à partir d'éclairages théoriques moins généraux, mais plus pertinents aux mouvements particuliers des cures et des structures rencontrées ;
— sous leur aspect déconflictualisé, s'il existe, suivant un fonctionnement psychique autonome, dénué de tendance libidinale ou agressive.