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Nous sommes dans l'inconcevable avec des repères éblouissants.
La cure psychanalytique, comme l'opéra, comme l'œuvre à venir, débute par le silence. De sorte que l'ouverture, le premier entretien, ou le premier coup de téléphone sont déjà dans l'après-coup d'un silence inaugural qui est en même temps dans un avant-coup préfiguratif.
Ces doubles silences, celui de l'analysant et celui de l'analyste, vont tout au long de l'entreprise dérouler leurs lignes mélodiques selon des modes mineurs ou majeurs, juxtaposés ou alternés le plus souvent, interférents parfois, dissonants ou accordés, à l'unisson.
V. Jankélévitch (1) écrit : « Mais le silence n'est pas seulement avant et après, infra et ultra : il est aussi pendant. Il est au centre et au cœur de la musique. Il habite en elle. »
Si l'analyste est le « bijoutier » du silence, ou mieux, « l'orfèvre » (2), si sa présence silencieuse fait appel à l'inconscient, l'écho de cet appel ne se réverbère pas seulement chez le patient, mais tout autant chez l'analyste : « La fonction d'appel de l'inconscient qu'exerce le silence est le moteur essentiel du processus de remémoration. Mais la particularité de ce miroir, qui fait qu'il ne peut y avoir deux tains de qualité identique, réside dans sa face cachée. D'un côté, creuset objectivant des fantasmes du patient, aussi et en même temps l'écran terni de ceux de l'analyste ». D'un côté comme de l'autre, orbes et spires fantasmatiques sont émises, envoyées, réfléchies, dans le silence et, certaines, souterraines, muettes, en silence.
Le silence, lorsqu'il est manifeste de la résistance, d'expressions