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Je voudrais tenter de cerner ce qui différencie les rapports de Jean Bergeret et de André Haynal, plutôt que d'y relever d'éventuels points communs. C'est la place de la dépression — ou de la dépressivité — qu'ils donnent dans le cadre d'une théorie plus générale qui me parait être le point le plus significatif.
J'ai tendance à déceler chez Bergeret une tentative d'appréhender un concept charnière en équilibre instable et chez Haynal un concept d'équilibre dialectique stable.
Bergeret centre sa démonstration autour de l'analité, à mi-chemin entre l'oralité qu'il semble localiser du côté d'une relation duelle mère-enfant — et que pour ma part j'aime concevoir comme représentative de la relation entre le parent phallique unique et l'enfant — et ce qui succède à l'analité, pour Bergeret la génitalité — pour moi je dirai plutôt l'Œdipe —, génitalité ou Œdipe caractérisés par la distinction faite par l'enfant de deux parents de sexes différents l'un de l'autre et chez lesquels l'appareil génital est déterminant, alors que l'anus invisible n'est plus que le symbole de l'orifice imaginaire qui était auparavant l'apanage indispensable de l'enfant pour accéder à la problématique du désir liée précisément à un parent phallique unique.
Ainsi la dépressivité pourrait représenter ce moment charnière où l'individu est mis devant l'obligation de choisir entre un parent phallique et des parents oedipiens, et où il se trouve en suspens, en arrêt, comme fasciné par le choix de la solution magique et passée de l'analité, aux dépens de l'Œdipe conflictuel avec un monde peuplé de gens sexués et distincts les uns des autres.
Mais ce moment charnière devrait signifier également pour moi l'attrait du choix opposé, l'inverse de la dépression, la « haute pression » — pour employer une analogie météorologique —, moment où l'individu, devant cette même obligation, va faire un pas en avant dans l'évolution œdipienne.