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Dans les excellents rapports de Jean Bergeret et André Haynal, j'ai retenu tout particulièrement les chapitres concernant les défenses contre la dépression, problème qui me préoccupe, tant sur le plan de la clinique que de la théorie.
Au cours de la cure psychanalytique, des défenses sont souvent utilisées pour empêcher le surgissement d'un moment dépressif qui devrait être vécu et élaboré pour que l'analyse puisse être considérée un jour comme terminée.
Je me suis plus précisément attachée à l'étude d'une de ces défenses : l'ennui.
Je me suis réjouie de constater qu'André Haynal était d'accord avec certains points de mon étude sur l'ennui, présentée à la Société psychanalytique de Paris en 1972. Je vais développer ici deux des points de vue que j'avais abordés à l'époque. J'avais introduit, d'une part, le concept que j'ai désigné sous le nom d'ennui-écran, d'autre part, une hypothèse sur l'érotisation du temps dans l'ennui.
En français l'étymologie, généralement acceptée, du mot ennui est in odio esse (être un objet de haine), qui souligne l'agressivité retournée contre lui-même du sujet qui s'ennuie.
En effet, l'ennui est en relation avec des représentations de scènes primitives sadiques et lié à des fantasmes d'attaque des deux parents dans leurs activités sexuelles et créatrices. Je l'ai constaté fréquemment chez des patients.
En allemand, le mot langeweile (moment long) introduit la notion du sentiment du temps qui parait s'écouler trop lentement. Cette impression de durée est fréquemment reliée par celui qui souffre d'ennui à la monotonie, à l'absence de stimuli qu'en réalité il n'arrive pas à investir. Tout stimulus lui semble trop proche du fantasme refoulé. L'ennui est utilisé comme un contre-investissement (on pourrait dire que c'est l'investissement de l'absence). On peut rapprocher l'ennui du contre-investissement narcissique du manque dans la nostalgie qui a été étudiée d'une part par Dominique Geahchan [1], d'autre part par Michel Neyraut [2].
Ces attaques in