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« Regarde ce spectacle : moi, l'ami de Zeus, moi qui l'aidai à asseoir sa puissance, vois sous quelles douleurs il me ploie aujourd'hui… spectacle funeste au renom de Zeus… »
En lisant le texte de Freud sur Deuil et mélancolie (1917) (1), un point d'interrogation reste marqué. Se référant au long et difficile chemin que le sujet doit suivre pour que la libido dans le deuil se détache finalement de l'objet perdu, Freud dit : « Il est très difficile d'expliquer en termes économiques pourquoi ce procédé est tellement pénible à accomplir… Il est remarquable que l'affect de douleur déplaisante est accepté par nous comme donné et inévitable. »
Plus loin dans ce même texte, parlant cette fois-ci de mélancolie (mais Strachey remarque dans la note, p. 239, vol. XIV, St. Ed., que Freud avait rassemblé sous ce terme les états actuellement dits dépressifs), Freud répétera que nous n'avons pas connaissance de l'économie des événements. Freud met l'accent sur la régression de la libido qui devient narcissique, voie facilitée par l'hypothèse du choix d'un objet qui n'a jamais été autre que narcissique. L'objet perdu est réinstallé finalement dans le Moi par le processus incorporatif. L'ombre de l'objet recouvre le Moi au point de ne lui laisser aucune marge de liberté intérieure. Le Moi se traite comme il aurait souhaité traiter l'objet haï, parce que perdu, et tout ce que Freud dit au sujet de l'appauvrissement du Moi peut être compris dans l'optique : objet perdu - Moi perdu.
Les analystes, qui par la suite se sont penchés sur le problème de la dépression, considèrent le vécu de la perte de l'amour comme la situation « dépressivante » par excellence, soit que le sujet se sente incapable d'aimer ; soit que l'objet se dérobe, comme dans les cas de mort, de disparition ou d'une prise de distance due au besoin d'avidité dévorante du sujet ; soit qu'il se dégrade par rapport à un Idéal du Moi toujours insatisfait ; soit qu'il s'éloigne à la suite d'un conflit