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Je me propose de décrire le mécanisme d'expiation à propos du traitement d'une patiente qui utilise ce mécanisme essentiellement dans son système défensif, et qui est venue à la psychanalyse avec le diagnostic psychiatrique d'anorexie mentale.
Nous croyons que ce mécanisme est employé comme un moyen de tranquilliser la conscience et de tenir à l'écart les sentiments de culpabilité. Je me propose de le décrire en relation avec les autres aspects du fonctionnement psychique, c'est-à-dire non seulement avec la possibilité ou l'impossibilité d'élaborer les angoisses de culpabilité de caractère paranoïaque ou dépressif, mais aussi avec d'autres systèmes défensifs qui interviennent ou interfèrent dans le progrès vers l'intégration.
Nous avons constaté que l'expiation est utilisée comme substitut de la réparation, mais il s'agit d'un mécanisme très différent, ayant des conséquences nettement opposées. Quelquefois nous pouvons le voir employé après l'échec d'une tentative de bonne relation et de réparation, que l'interférence des autres sentiments et pulsions a fait avorter.
Le problème est apparu, alors qu'elle avait environ 25 ans, à l'occasion d'une période d'amaigrissement accusé et rapide, provoqué par elle en prenant des quantités de plus en plus grandes de stimulants, vis-à-vis desquels elle développa une dépendance qu'elle abandonna quelque temps plus tard.
Puis il devint évident qu'il s'agissait d'un effondrement personnel grave, et un camarade lui conseilla de faire une psychanalyse.
Il y avait eu déjà des problèmes très sérieux au cours de sa vie ; elle avait interrompu ses études, son travail et presque toutes ses relations sociales en raison d'un état perturbé, conséquence d'une déception amoureuse. Cette déception consistait en ce qu'un garçon avec lequel elle maintenait une certaine amitié commença à sortir officiellement avec une fille. Elle imaginait que le garçon était amoureux d'elle et toujours sur le point de le lui dire, bien qu'ils ne se fu