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Avouons qu'être « répondeur » à un Congrès des Psychanalystes de Langues romanes mériterait de faire partie de la liste des métiers « impossibles » de Freud. Devant l'ampleur de cette tâche, j'ai dû prendre le parti de renoncer à l'ambition d'être complet. Je me contenterai de donner un reflet de mon écoute personnelle, évidemment influencée par mes préoccupations actuelles, mes intérêts, ma personnalité et les analysants que j'ai rencontrés. D'ailleurs, certaines interventions ont été tellement élaborées et pleines que tout apport supplémentaire risquerait de rompre leur équilibre intérieur.
Pour commencer, je voudrais payer ma dette en remerciant mon co-rapporteur Jean Bergeret et tous les intervenants des séances plénières et des groupes. Ensemble, nous avons tenté de mieux cerner la problématique de la dépression que notre grillage théorique nous permet d'approcher selon une ligne asymptotique (Bion), sans jamais la saisir tout à fait. Pour ma part, mon propos a été d'en examiner les aspects imagoiques (qui amènent aux instances, précédant la topique), et l'aspect dynamique. Jean Bergeret s'est plutôt attaché à l'économie de la dépression et à ses aspects défensifs.
Nous piquerons au petit bonheur certains problèmes qui m'ont semblé ressortir avec une netteté particulière de nos discussions. La polarité angoisse-dépression a été soulevée par Pierre Luquet. Il s'agit d'une donnée fondamentale de la différenciation des affects et, donc, de l'organisation psychique de l'homme, même si cette différenciation ne met pas en question l'existence d'un champ continu sous-tendu par des forces dynamiques, économiques et topiques, notamment les pulsions. L'école kleinienne a décrit deux positions, paranoïde et dépressive, qui me semblent également se référer, plus qu'à une succession temporelle, à une différenciation à partir de la détresse originelle, mettant en jeu cette même bipolarité.
Anna Potamianou décrit avec justesse des dépressifs démunis face à des objets omnipotents