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Je vais parler ici d'un certain nombre d'impressions personnelles et d'idées qui me sont venues pendant et après la lecture de cette correspondance. Mes remarques ne prétendent ni à la vérité historique, ni à l'exactitude scientifique.
La correspondance Freud-Jung m'a beaucoup intéressé et m'a aidé à mieux comprendre la situation actuelle quant à l'œuvre de Freud, devant laquelle on adopte généralement une attitude mal définie. Peu à peu, l'identification à l'œuvre de Freud et à sa méthode a disparu. Nous nous sommes tellement empêtrés dans nos sentiments à l'égard de la personnalité de Freud et de son travail, qu'il nous est difficile de prendre la distance nécessaire à une vision plus objective de l'homme et de l'œuvre, et difficile, par conséquent, d'utiliser Freud comme « instrument analytique ».
Pour éviter, autant que possible, tout malentendu sur mes propos, je dois d'abord rappeler quelques faits me concernant. Je n'ai connu personnellement ni Freud ni Jung. Grâce à l'œuvre de Freud, ma vie a été sauvée. Par son œuvre, la vraie grandeur m'a été révélée, ce qui, depuis mon extrême jeunesse, est resté pour moi de la plus haute importance. Ce fut pour moi une grande chance de rencontrer ceux qui m'ont permis de connaître l'œuvre de Freud, qui m'ont aidé dans les débuts et ont continué de me guider. Je vais parler de Freud et de Jung personnellement, en essayant de me replacer dans leur situation. Je n'ai en aucune manière essayé de les analyser et/ou d'apporter des éléments nouveaux à leur biographie. L'analyse n'est possible que dans la situation analytique. Si je souligne ce point, c'est que des tentatives de ce genre ont été faites, ainsi qu'en témoignent les écrits biographiques sur Freud et Jung et les ouvrages sur l'histoire de la psychanalyse.