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Très honoré Professeur!
C'est avec une particulière gentillesse à laquelle depuis dix-neuf ans déjà je suis accoutumé, que vous avez exprimé le souhait que j'explique et présente publiquement mes critiques à propos de votre petit livre: L'avenir d'une illusion.
A cette fin, avec un libéralisme digne de la manière de penser qui est la vôtre, je me mets à votre disposition dans une de vos revues périodiques.
Je vous remercie vivement de cette nouvelle preuve d'amitié qui ne me surprend d'aucune façon.
Vous n'avez tout d'abord fait aucun mystère, ni à moi-même, ni au monde, de votre ferme incroyance, de sorte que votre prophétisation actuelle d'un avenir sans religion ne peut surprendre.
Mais peut-être allez-vous sourire en me voyant considérer votre méthode psychanalytique si féconde comme un instrument merveilleux pour purifier et faire progresser la religion; mais en ces temps de disette, nous traversons les tourbillons de neige des sentiers de Beethoven pour nous élever vers les hauteurs de Vienne, comme nous le fîmes déjà les années précédentes, empreint de votre esprit, avec bonheur et d'une manière féconde, sans toutefois pouvoir acquérir quelque conviction, dans le vif espoir malgré tout de suivre vos pas.
Votre livre fut l'expression d'une nécessité intérieure, un acte d'honnêteté et de courage. Si l'œuvre titanesque de votre vie avait été impossible sans la destruction de l'image des dieux, sans doute l'auriez-vous édifiée dans des Universités ou même des Salles d'Eglise.
Quiconque sait qu'avec respect et ferveur vous servez la science et