You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Après de nombreux siècles marqués par une révérence manifeste à l'égard de la chasteté et la pureté des sentiments, le droit au plaisir sexuel pour les hommes et les femmes est aujourd'hui considéré comme allant de soi. Cet aspect de la culture occidentale contemporaine est un des effets heureux des découvertes de Freud, même si des explications d'un autre ordre sont également nécessaires pour rendre compte de cette transformation radicale. Cela n'empêche pas certains de désigner les psychanalystes comme les représentants des entraves sociales supposant à la liberté sexuelle. Cette opinion est l'indice d'une difficulté qui ne saurait se réduire en se désolidarisant de la normativité fonctionnelle à laquelle Freud se référait volontiers, ni en dénonçant le confusionnisme quelque peu projectif des gens pressés qui assimilent à l'obstacle ceux qui le signalent ou s'emploient à le lever.
C'est qu'en effet le plaisir sexuel est explicitement ou implicitement l'objet de la quête, heureuse ou malheureuse, de tout être humain, même quand il est transformé par un processus de sublimation, même quand il est inversé par la glorification de la virginité ou de la pureté, thème central des romans de chevalerie. La recherche de l'orgasme a été étayée dans son histoire par la tendance à la conservation de l'espèce, tendance entrant dans la définition même de la vie, mais elle n'est aucunement identifiable à un quelconque instinct de reproduction. De ce fait, l'orgasme peut être étudié sous deux aspects : en tant qu'état aigu bouleversant le sujet, ou en tant que façon paroxystique d'être avec autrui, et c'est probablement parce qu'elle se préoccupe de ce double aspect, dans ses transformations, que la psychanalyse peut apparaître restrictive à ceux pour qui l'orgasme est une fin en soi, quel qu'en soit le contexte, supprimant justement ce contexte dans la « petite mort ». Il était donc nécessaire que ce colloque psychanalytique sur l'orgasme ait lieu, et il faut savoir gré à Jean Gi