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L'écoute des journées consacrées au Colloque sur l'orgasme, les théories qui y ont été formulées, les idées qui y ont été lancées m'ont conduite à repenser les cas de J… et de C…, à les exposer ici, à discuter et compléter l'opinion sur l'orgasme qu'ils ont induite en moi.
J… et C… sont arrivés au traitement analytique parce que tous deux justement, malgré la possibilité d'avoir des rapports sexuels, n'arrivaient pas à l'orgasme. J… est une femme, C… un homme.
Jeune charcutière d'une trentaine d'années peu avertie de la psychologie de la sexualité, J… est mariée depuis huit ans. Elle a une fille de 6 ans, un mari qu'elle aime beaucoup. Elle et lui tiennent un magasin qui marche bien, le mari est à la fabrication au laboratoire, J… à la vente dans la boutique. Mari et femme s'entendent pour faire marcher leur commerce ; ils y forment un bon tandem égalitaire. Au lit les choses vont moins bien. J… accepte d'avoir des rapports comme elle dit. Elle pense aussi que dans un couple l'homme a du plaisir, la femme pas et que c'est ainsi que cela se passe partout. Elle ne s'enquiert pas des réactions des autres femmes étant d'un naturel assez taciturne et n'aimant pas non plus parler de « ces choses ». Elle regrette le froid qu'elle ressent et quelquefois, trouvant que c'est injuste, se refuse à son mari sous le prétexte qu'elle est fatiguée par son travail constant. Mais elle ne le fait pas trop souvent parce qu'elle tient à son homme et se dit que si elle se refuse il ira chercher des femmes expertes en la matière pour se satisfaire. Se sentant incapable de lutter sur ce point avec « des femmes de mauvaise vie ou qui aiment ça », elle se plie en général aux besoins de son mari qui d'ailleurs n'en abuse pas.
Or, un jour, un éditeur de revue sexologique fait mettre des tracts dans les boîtes aux lettres. En lisant le prospectus J… s'aperçoit avec stupeur que les femmes peuvent avoir vraiment du plaisir et être « heureuses » par l'orgasme. Or, se dit-elle, l'orgasme connais pas.