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Note préliminaire. — Je reprends, au cours de ce travail, certains extraits de Freud ou Reich ?, livre que j'ai écrit en commun avec Bêla Grunberger. Il va de soi que les passages choisis sont de ma seule plume. Les Editions Tchou m'ont aimablement autorisée à les reproduire (1).
Il n'est pas possible de parler de l'orgasme sans évoquer celui qui a fondé toute une théorie de la psychopathologie, des maladies somatiques, toute une sociopolitique et finalement une cosmogonie, autour de l'orgasme.
Je ne reprendrai pas ici ce que j'ai eu l'occasion de dire ailleurs dans un texte inédit intitulé La cuirasse sans défauts qui élargissait certains points évoqués dans mon essai sur l'Idéal du Moi. Je rappelle que la conception de la cuirasse, relativement tardive dans l'œuvre de Reich par rapport aux vues que je vais exposer ici, repose, selon moi, sur le fantasme inconscient du rectum parental capturant et immobilisant le sujet, la décharge orgastique étant vécue comme le triomphe sur cet enfermement, comme la capacité du sujet d'amener le parent à desserrer son étreinte et à lâcher prise. L'orgasme lui-même est assimilé à une exonération évacuant les miasmes et tout ce qui, à l'intérieur du sujet, le ronge, l'empoisonne, le détruit. Le fantasme que je viens de décrire et les vertus dépuratives de l'orgasme sont clairement lisibles dans de très nombreux passages de l'œuvre de Reich que je ne peux citer à nouveau ici.
Je me propose aujourd'hui — et pour ce faire je me servirai essentiellement d'extraits d'un chapitre du livre Freud ou Reich? que Béla Grunberger et moi avons cosigné — de montrer que la théorie de l'orgasme telle que Reich l'exprime dès le commencement de son œuvre