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Les propos qui vont suivre sont simples. Ils résultent de ce qui m'a frappée dans la confrontation entre ce que j'ai lu et ce que mes patients et mes patientes m'ont dit.
On s'accordera sans difficulté pour caractériser l'orgasme comme le point culminant de la vie sexuelle, son acmé, « le plus haut point du plaisir sexuel qui est son aboutissement » selon le Robert. Le but de la pulsion est la satisfaction qui sera directe ou indirecte, dérivée, symptomatique, sublimée.
Or les psychanalystes parlent peu de l'orgasme ; y compris Freud, bien que l'importance étiologique de la vie sexuelle dans le développement normal et pathologique de la personnalité ait été l'une de ses premières découvertes, faite dès les années 90, et soit demeurée l'une des pierres angulaires de la théorie psychanalytique à travers des formulations diverses (rôle étiologique de la sexualité, importance de la sexualité infantile, complexe d'Œdipe nœud de la personnalité et des névroses, etc.). Et quand les psychanalystes parlent de l'orgasme, ils disent tant de bêtises qu'on préfère leurs silences à leurs formules, en s'interrogeant sur la force des préconceptions théoriques dans le meilleur des cas, des préjugés et des défenses dans le pire, qui ferment leurs oreilles au discours de leurs patients.
Les références directes de Freud à l'orgasme sont peu nombreuses, une douzaine, bien que le problème de la satisfaction sexuelle soit central dans son œuvre.
Dans les années 90, quand Freud commence à suspecter, puis se fortifie dans la conviction que les troubles névrotiques sont toujours d'origine sexuelle, le problème de l'orgasme n'est pas formulé comme tel et est pourtant toujours présent. Les névroses actuelles sont rattachées à des troubles de la sexualité adulte : coïtus interruptus, masturbation, etc., c'est-à-dire absence d'un orgasme coïtal satisfaisant. Les