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Orgasme n'est pas un mot né de la psychanalyse mais c'est un mot d'adulte. Il incite, retrouvant la quête de l'enfance, à une visite de dictionnaires.
Commençons par le plus actuel et le plus simple : le Petit Larousse illustré. Nous y trouvons :
« Orgasme : du grec orgaô, bouillonner d'ardeur. Le plus haut point de l'excitation génésique. »
Notons qu'à « Génésique », toujours dans le Petit Larousse illustré, on lit : « relatif à la génération ».
La génération est donc ici d'emblée la référence, à côté de l'ardeur bouillonnante.
Dans le Littré, l'orgasme est un « terme de médecine : Augmentation de l'action vitale d'une partie, souvent avec turgescence. »
La citation proposée est de Cabanis « l'orgasme nerveux dont la première éruption des règles est accompagnée ».
Puis, au figuré : effervescence, transport de l'âme, orgasmos = sens d'action de pétrir, d'humecter — orgaô = être plein d'humidité, de suc, et par suite d'effervescence ; pour le figuré — la citation est la suivante : « Ils donnaient des préceptes pour s'acheminer artificiellement à cet état d'orgasme et d'ivresse où ils se trouvaient au-dessus d'eux-mêmes » Diderot (Opinions des anciens philosophes).
Historiquement, enfin, au XVIe siècle : « Auquel temps le génie de la nature commande aux pères de garder soigneusement leurs filles de la conversation des courtisans, pour autant qu'il se fait un merveilleux orgasme par tout le corps en cet âge. » (Citation tirée de La maladie d'amour, de Lacurne.)
Cet article du Littré mériterait une minutieuse étude de texte : « Partie », sans même l'adjectif génital, s'emploie, dans le langage courant, pour désigner l'appareil sexuel masculin, jamais le féminin. La « partie pour le tout », enjeu de la problématique de castration masculine est là, tout prêt, dans le génie de la langue.