You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Monsieur le Président de l'Association Psychanalytique Internationale, Messieurs les Présidents des Sociétés composantes du Congrès des Psychanalystes de Langues romanes, Mesdames, Messieurs les délégués des Sociétés non composantes du Congrès des Psychanalystes de Langues romanes, Mesdames, Messieurs, Mon Cher Jean,
Nous voici réunis pour étudier et approfondir ensemble l'un des concepts les plus complexes, les plus énigmatiques en même temps que l'un des plus spécifiquement psychanalytiques, malgré les emprunts faits à Havelock Ellis, que nous ait légué Freud (1). En effet, la conception freudienne de l'auto-érotisme est étroitement attachée à l'idée de la contingence de l'objet, « élément le plus variable dans la pulsion, il n'est pas lié à elle originairement mais il ne vient s'y ordonner qu'en fonction de son aptitude à permettre la satisfaction », dit Freud dans Les pulsions et leur destin. L'une des thèses essentielles soutenues déjà par lui dans les Trois Essais est qu'il n'existe pas d'objet préformé pour la pulsion, la satisfaction pouvant être obtenue sans que le sujet ait recours à l'objet. Il est à même de trouver dans son propre corps, où s'origine l'excitation, l'apaisement de celle-ci. C'est là l'auto-érotisme qui s'accompagne du plaisir d'organe. Etayé par une pulsion de conservation, la faim par exemple, le plaisir sexuel oral, simple sous-produit de celle-ci au départ (Nebenprodukt) s'en détache et en vient à s'exercer, per se, pour le plaisir, dans l'activité de succion. Qu'il existe ou qu'il n'existe pas d'objet préformé pour la satisfaction, voici qui sera l'occasion de bien des controverses dont témoignent l'œuvre de Melanie Klein et, tout à fait à l'opposé des conceptions de Freud, celle de Fairbairn pour qui la quête de l'objet prévaut sur celle du plaisir. Remarquons en passant que c'est de l'idée d'une absence d'objet préformé pour la satisfaction pulsionnelle que découle une conception telle que l'ignorance du vagin dans les deux sexes jus