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Certains enfants ayant un attachement « œdipien » (?) précoce sont en quelque sorte habités par le parent élu, Père ou Mère, qui prend toute la place à l'intérieur de lui, au détriment de son enfance même. On pourrait dire qu'ils sont comme « enceints » du parent élu, n'étant plus qu'une enveloppe, une apparence d'eux-mêmes, enroulés autour de l'objet passionnément aimé, développant ainsi une sorte particulière d' « auto-érotisme » comme on en voit aux femmes enceintes « tournées vers l'intérieur » et comme illuminées de l'intérieur, dont certaines parfois vont faire à l'accouchement une dépression grave, dépression du « vide », de l'absence d'elle-même, ou même une psychose puerpérale, essai désespéré de nier la perte et l'expulsion et de se maintenir « pleine et vivante », dans un auto-érotisme délirant, préférable de toute façon à l' « horreur du vide », quasiment mélancolique…
On sait que la présentation de l'enfant, dans ces cas-là, souvent permet de laisser le délire et de remettre en route un nouvel auto-érotisme qui passe toujours par celui qui présente l'enfant, presque toujours une figure paternelle ou maternelle, représentant sans doute le premier objet incorporé trop précocement par l'enfant, incorporé par les yeux d'ailleurs, dans un mouvement d'excitation auto-érotique tout à fait comparable à mon sens à ce mouvement auto-érotique des mères, dites normales, qui suivent leurs enfants des yeux dans un prolongement évident du ventre et du cordon ombilical. On voit ainsi des enfants qui, très précocement, s'organisent dans cette sorte de lien à un des parents élus qu'ils dévorent des yeux, mettent dans leur ventre et ronronnent ainsi dans une béatitude auto-érotique mais combien épuisante et anxieuse, car un jour viendra où le parent échappera au regard constant, comme l'enfant échappe à la mère, et l'enfant pubère ou prépubère se trouvera dépossédé, vidé de toute substance, n'ayant pas constitué d'objet intériorisé, n'ayant pas eu d'enfance personnelle, en