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Parmi les multiples aspects d'un rapport exceptionnellement riche et brillant, Jean Gillibert a évoqué certains « rituels auto-érotiques de destruction » (je le cite), « par exemple, s'arracher les peaux des ongles ou l'onychophagie, dont on connaît bien la valeur d'équivalent masturbatoire ». Gillibert les rattache à sa description originale de « l'inerte » et il dit de ces rituels qu'ils « sont un plaisir pris avec la partie « cadavérique » de nous-même ». Il poursuit : « Il faut admettre le « cadavre » en nous ; le cadavre, c'est-à-dire les « parties » de nous-même qui se détachent de nous-même, sans avoir besoin de nous-même ou d'une relation d'échange (chap. 7) : « Découverte rhapsodique », p. 29).
Je me suis souvenu, en lisant ces lignes, d'un matériel particulièrement intéressant à ce sujet que m'avait apporté l'une de mes patientes et je l'ai choisi pour introduire une brève discussion du concept d'auto-érotisme.
Cette patiente présentait alors une compulsion à se dévorer les doigts et à s'écorcher le cuir chevelu. Elle avait comparé cette habitude à une sorte de masturbation. Au retour d'un week-end pendant lequel elle s'était, dit-elle, littéralement dévoré les doigts, elle me raconte le rêve suivant (que je résume) :
« Elle se trouvait dehors dans la rue, la nuit, avec deux personnes, l'une plus âgée, homme ou femme, elle ne le sait pas, et l'autre étant son jeune frère. Elle avait 12 ou 13 ans, dans le rêve. La personne adulte voulait tuer son frère. Mais il y avait aussi deux vieilles dames dans la rue, deux mégères curieuses qui se doutaient qu'on voulait faire quelque chose au petit frère et qui voulaient savoir ce que c'était.
« La personne adulte voulait qu'il n'y ait aucun témoin. Pour tuer le petit frère, il y avait un jeu dans une pièce qui était une étable avec de grosses vaches de chaque côté et des fenêtres carrées placées assez haut. Le jeu consistait à courir dans cette pièce en se cognant très violemment contre les murs. En outre, la femme avai