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Il me semble impossible de rendre compte des soubassements affectifs du phénomène toxicomaniaque sans faire porter notre attention sur les étapes très archaïques de la personnation (au sens où l'entend P.-C. Racamier) et sans chercher à mettre en évidence un mode de fonctionnement fort différent de ceux qui entrent en jeu habituellement dans l'alcoolisme, la psychose ou la perversion.
Dans son rapport, Jean Gillibert, en référence aux travaux de K. Abraham, cite l'exemple du « petit quelque chose » (une drogue en particulier) qui se voit employé pour lutter, grâce à la satisfaction obtenue sur le mode auto-érotique avec un tel objet de substitution, contre la tendance dépressive lorsque les autres défenses habituellement utilisées contre la dépression chez le déprimé ne parviennent plus à contenir l'angoisse dans un sens encore réellement objectai. Le registre économique auquel fonctionnent les grands toxicomanes abandonne tout rapproché associatif avec les représentations objectales manifestement œdipiennes, mais ne permet même plus d'utiliser les ressources antidépressives de l'objet pris au niveau du narcissisme secondaire ; les acquisitions narcissiques primaires et identificatoires elles-mêmes, constitutives du Moi, se trouvent remises en question au profit d'une régression vers un état structurel beaucoup plus anarchique encore et décrit par Freud comme une forme d'auto-érotisme précédant la convergence des pulsions sur le corps, attitude nécessaire au plein établissement du narcissisme primaire, préalable indispensable à une correcte formation du Moi
Chez le grand toxicomane, en effet, faute d'une reconnaissance suffisante d'un hétéro-statut de l'objet, cet « auto-érotisme » de récupération ne peut permettre à la demande d'exprimer le désir. Celui-ci est réduit au besoin du besoin pour contre-investir l'énergie pulsionnelle libérée par le manque, résultant du défaut d'investissement de l'hétéroobjet.
Ce retour mégalomaniaque sur l'auto-objet tout enrobé qu'il so