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J'ai vu Jean Gillibert tendre le doigt à l'auto-érotisme et j'ai pensé à la Création de Michel-Ange sur la voûte de la chapelle Sixtine… mais laissant la fresque pour la fin, je souhaite lui dire combien sa réflexion m'a encouragé à faire part, dans ma Communication prépubliée, de mes voies de recherche clinique dans le champ de la psychose infantile, tant il n'est pas facile de desserrer les visières bornant le champ psychanalytique au territoire du fantasme verbal… En voulant comprendre en psychanalyste et dire ce qui se passe au contact de l'enfant autiste (1), j'ai voulu tenter ce genre d'imprudence !
La rencontre, dans la pratique des soins, entre l'observation d'une « mutation » psychique chez des enfants autistes en traitement, amorce d'un fonctionnement psychique des pulsions, et la pensée freudienne de l'auto-érotisme s'appuyant sur l'étayage et sur le renoncement à l'étayage avait stimulé cet essai d'une clinique de l'étayage : celle de la mutation d'un auto-érotisme comme possibilité de satisfaction biologique ou d'autoconservation (psychique) à un auto-érotisme comme fonction psychique de régulation et activité pulsionnelle sexuelle de satisfaction. Le concept qui s'imposait, celui d'un auto-érotisme des limites psychiques, m'a paru survivre à l'épreuve de la théorie et à celle surtout des prises en charges thérapeutiques.
De plus, la « charnière » de cette mutation m'a paru impliquer une continuité, dans une perspective de régulation psychique, entre les auto-érotismes (entre le fantasme auto-érotique qui « parle » et dont il convient dans nos milieux de parler et l'auto-érotisme de l'autiste dont nous « parlons » l'excitation sans pour autant accrocher l'intérêt psychanalytique… autre « retrait » ou retraite) liant tout auto-érotisme à la problématique de l'objet de la pulsion. Forts de l'indication de