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Cette communication est née à partir des questions et des réflexions soulevées par l'étude de certaines activités auto-érotiques chez les enfants autistiques. La finesse de l'intuition de J. Gillibert concernant l'organisation autistique nous a beaucoup stimulés et aidés.
Par suçotement, nous entendons la succion d'une partie du corps propre, surtout les doigts de la main, le pouce la plupart du temps. Il s'accompagne souvent de la caresse du nez ou de la lèvre supérieure par l'index. Nous n'aborderons que quelques aspects et avatars de sa formation. Soulignons le fait qu'autant la tétée que le suçotement sont deux activités qui apportent l'apaisement, la décharge d'une tension, dans un acte où plusieurs éléments sensori-moteurs et cénesthésiques sont rassemblés consensuellement.
Dans le passage de la succion du sein au suçotement, Freud voyait la séparation des pulsions sexuelles et des pulsions de conservation ; mais la transformation de la bouche, réceptacle du besoin, en zone érogène ne se fait pas sans quelques aléas. Les enfants autistiques en sont un exemple. Ils présentent fréquemment une absence de suçotement et même, dans un cas d'autisme primaire, nous avons pu observer une absence totale d'investissement libidinal des zones érogènes (bouche, anus). Nous avons fini par considérer dans ces cas l'apparition d'un suçotement comme signe d'une bonne évolution et de l'atteinte d'un certain niveau relationnel.
Nous nous limiterons à vous présenter un aspect du cas d'un petit garçon de 3 ans 1/2, celui de la transformation des conduites auto-érotiques au cours d'une psychothérapie où l'enfant et sa mère ont toujours été reçus ensemble.