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Savoir où se situe l'auto-érotisme entre le moment incipiens où la pulsion n'a pas encore externalisé son objet, et le temps ultérieur où s'effectue le double retournement de celle-ci, demeure à nos yeux une des questions fondamentales de ce Congrès. S'interroger sur l'auto-érotisme, c'est en effet tenter de résoudre en même temps un problème de temps et un problème d'espace, tous deux étant définis par le champ analytique des premiers investissements du sujet sur lui-même ou sur autrui : question des origines du plaisir et de son lieu, dont nous savons qu'elle n'est pas la moindre qui se propose à notre réflexion. Si nous avons bien connaissance du moment où se passe notre jouissance, bien plus rarement savons-nous avec qui elle s'effectue et ce qui réellement la détermine. Entre un Autre véritable et un Soi projeté, entre un objet extérieur et un Moi qui demeure ou qui redevient le siège de l'investissement, le départ n'est pas facile. De même est-il aussi peu aisé de discerner les diverses issues du manque fondamental qui connote toute tentative de satisfaction : la régression vers le premier plaisir d'un Moi en train de se constituer, ou bien la progression grâce à des satisfactions hallucinatoires suffisantes tant que le besoin ne rappelle pas à l'ordre, sont aussi les deux pôles d'une dynamique où le plaisir, son moment et son endroit ne sont pas faciles à préciser.
Freud évoque le problème dès les Trois essais, à travers une petite note qui reprend la définition d'Havelock Ellis (1). Si en effet l'inventeur du terme donne la définition suivante : « J'entends par auto-érotisme des phénomènes d'émotion sexuelle spontanée produits en l'absence de tout stimulus externe, soit direct, soit indirect », Freud, dans une des notes de 1920, nous dit que : « Pour la psychanalyse, ce n'est pas l'origine de l'excitation qui est essentielle, mais bien plutôt la relation avec l'objet. » Il ne faut bien évidemment pas confondre « origine » avec «cause » : ce n'est pas de causa