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Apporter ces quelques réflexions paraît dérisoire après la lecture du rapport de Jean Gillibert, si passionnant par la richesse de sa pensée et l'envergure qu'il donne à la question. Cependant cette lecture est en même temps une incitation-excitation à un effort de travail, en témoignage de reconnaissance, et aussi, bien entendu, pour le plaisir auto-érotique du langage, ou du métalangage sur l'auto-érotisme.
Il m'est commode de reprendre, comme point de départ, la citation de Freud des Trois essais : « Cet objet (le sein) a été ultérieurement perdu, peut-être précisément au moment où l'enfant est devenu capable de voir dans son ensemble la personne à laquelle appartient l'organe qui lui apporte une satisfaction. La pulsion devient, dès lors, auto-érotique. » Donnant à l'auto-érotisme sa place centrale, à la fois dans la sexualité infantile, c'est-à-dire dans la sexualité humaine, et dans le fonctionnement mental, c'est-à-dire dans la psychanalyse, un temps est ainsi posé, temps théorique constitutif d'un ensemble d'éléments articulés les uns aux autres, un organisateur, indépendamment de la genèse et de l'histoire, En effet, d'un point de vue génétique, le suçotement comme exemple princeps de l'auto-érotisme est d'apparition précoce, tandis que la perception de la « personne dans son ensemble » est le résultat d'une évolution. Ce que Freud met donc en évidence à ce moment de sa réflexion, c'est le moment de ce qui spécifie la sexualité auto par rapport aux pulsions d'autoconservation, par la caractéristique de la contingence de l'objet, et de ce qui origine le fonctionnement mental : la réalisation hallucinatoire, l'introjection, le fantasme.
C'est par le fantasme que Freud, en 1897, dans sa lettre à Fliess où la séduction trouve son nouveau statut, introduit l'importance de l'auto-érotisme : « Fantasmes qui servent à dissimuler les activités auto-érotiques dé la première enfance, à les masquer et à les porter à un niveau plus élevé. » La première citation, qui situe