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Nous allons commencer par la transcription d'un passage de la lettre de Freud à Fliess datée du 9-XII-1899, qui dit ce qui suit : « La couche sexuelle la plus profonde est celle de l'auto-érotisme, qui n'a aucun but psychosexuel, et nécessite seulement des sensations locales de satisfaction. Ceci est suivi par l'allo-érotisme (homo et hétéro-érotisme) mais l'auto-érotisme continue sûrement à exister comme courant séparé.
« L'hystérie (et son dérivé la névrose obsessionnelle) est allo-érotique, son mécanisme le plus important est celui de l'identification à la personne aimée. La paranoïa dissout une fois de plus l'identification et rétablit de nouveau toutes les figures aimées de l'enfance, qui avaient été abandonnées entre-temps (se référer à ma discussion sur les rêves exhibitionnistes), et dissout le Moi en figures étrangères.
« De cette façon, je suis arrivé à considérer la paranoïa comme une poussée du courant auto-érotique, comme un retour au stade où il prévalait. La perversion qui l'accompagne serait ainsi dénommée Démence idiopatique. Les rapports particuliers de l'auto-érotisme avec le Moi originaire jetteraient plus de lumière sur la nature de cette névrose. A ce point, le fil du sujet se rompt de nouveau… »
Nous passons en revue l'œuvre de Freud et nous pensons que pour pouvoir suivre le fil de Freud il fallait ajouter quelque chose à la théorie, quelque chose qui aille au-delà des instincts du Moi, et des instincts sexuels, de façon à pouvoir envisager quelques états préalables à l'animisme et à la paranoïa. Ce quelque chose nous le trouvons beaucoup plus loin, dans Au-delà du principe de plaisir où Freud introduit le concept d'Instinct de Mort, que nous reprendrons plus tard.
Dans Les deux principes du fonctionnement mental (1911), Freud signale deux moments fondamentaux de l'auto-érotisme : 1) un aspect primitif préalable à la relation d'objet; et 2) un aspect régressif secondaire, de retour à celui-ci : « situation, dit-il, qu'on peut observer même quand