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Il y a deux mois, l'après-midi même du jour où j'avais trouvé sur mon bureau le rapport de Jean Gillibert, je reçus à ma consultation une fillette âgée de 4 ans, atteinte d'une épilepsie photogénique par autostimulation lumineuse. Elle arrivait à la suite d'un périple médical long et compliqué, conduite par des parents désespérés de voir leur enfant s'être acheminée vers la folie. C'étaient leurs propres termes.
Véronique avait été normale jusqu'à 2 ans. A 2 ans elle était une petite fille éveillée, gaie, heureuse de vivre, avec un langage bien évolué. Ce passé authentifié par d'autres témoignages tranchait avec la réalité de l'enfant présente, manifestement psychotique, dont les seules activités organisées émergeant d'une agitation: majeure étaient réduites à quelques stéréotypies, ne communiquant plus par le langage réduit à des écholalies et des fragments de ritournelles. On relatait que, 20, 30 fois par jour, dans le but de se procurer une crise, elle se précipitait vers les sources de lumière : le soleil, une lampe ; dans la voiture elle se penche pour regarder le ciel. Alors elle s'immobilise avec un sourire extatique, pâlit, perd conscience, et tombe dans une crise comitiale tonico-clonique.
Voici, retranscrite presque textuellement selon le récit de la mère, la suite des événements depuis le début.
«La naissance, disait-elle, a été normale, elle a crié tout de suite, cependant ses yeux étaient injectés de sang. Elle cria beaucoup les jours qui suivirent, vomissait ses biberons en jet. Elle n'était bien que sur moi, recroquevillée, calée contre mon épaule: Ce n'était qu'ainsi qu'elle arrivait à se consoler et il en est ainsi encore actuellement. Bientôt je