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Ces réflexions sur le concept d'auto-érotisme sont d'ordre épistémologique. Elles m'ont été suggérées par la lecture récente de la plupart des écrits psychanalytiques concernant auto-érotisme et narcissisme, ainsi que par la lecture ou l'audition des travaux présentés à ce Congrès, autour du monumental, magnifique mais si intimidant rapport de Jean Gillibert.
Elles procèdent d'une gêne ressentie devant la grande confusion qui règne dans la terminologie utilisée. Certes, la psychanalyse nous a habitués à la juxtaposition de phénomènes contradictoires issus du processus primaire, mais nous ne pouvons communiquer entre nous si chacun de ces phénomènes décrits ne reçoit un nom distinct et permanent.
Ce n'est hélas pas souvent le cas et peut-être plus encore pour l'auto-érotisme. Sous ce vocable, les auteurs décrivent des processus très différents, hétérogènes, appartenant, ce qui est plus grave, à des registres différents de l'appareil psychique, dont certains d'ailleurs, retenus par Freud à ses débuts, sont ensuite sortis grâce à lui du champ même de la psychanalyse.
Oh ! certes, nous sommes tous tentés, par manque de rigueur, à l'intérieur d'un « langage parlé analytique » ou par excès de fidélité aux écrits du Maître dont nous voudrions tout garder, de retenir à la fois tous les sens qu'il a donnés successivement à un terme technique, alors même que lui-même en avait éliminé certains, non sans raison… Mais faut-il en arriver pour cela à entendre proposer une dizaine de définitions de l'auto-érotisme, irréductibles les unes aux autres ?
Permettez-moi de profiter d'un concept particulièrement galvaudé, pour rappeler quelques vérités premières connues de tous, susceptibles cependant à mon sens de contribuer à une réévaluation du concept, en