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Le fascinant et très riche rapport que Jean Gillibert nous a présenté m'incite aujourd'hui à apporter une brève contribution clinique à ce Congrès sur l'auto-érotisme.
L'une des questions soulevées par le cas d'un patient que j'ai suivi en analyse durant trois ans s'est en effet trouvée éclairée par la lecture du passage sur l'autosadisme qui m'a vivement intéressée et stimulée.
Le patient dont il s'agit a présenté une perversion particulière vécue sur un mode suffisamment névrotique pour déterminer la demande d'un traitement. Les pratiques perverses dont je donnerai le détail reprenaient en fait un rêve répétitif de l'enfance et elles accompagnaient en même temps des activités sublimatoires — ce patient étant artiste peintre.
Avant de rapporter le rêve, je situerai très brièvement le cas.
Thibaut est l'aîné d'une famille de trois enfants. Il a un frère, son cadet de deux ans, et une sœur plus jeune, née lorsqu'il avait 7 ans.
L'image de la mère, fille de campagne douce et gentille, est toujours restée extrêmement floue, alors que celle du père, inspecteur des Finances, personnage austère et bourru, a été beaucoup plus prégnante et complexe.
La relation chaude du début entre le père et le fils aurait été troublée par la petite sœur qui, à l'âge de 3 ans, séduisait tout le monde.
Le rêve répétitif dont je vous donne le contenu est apparu à cette époque — le patient avait donc 10 ans :
« Il se voit en sirène sur le bord d'une plage… d'autres sirènes dans le lointain disposent autour de lui des bébés qu'il doit éduquer… l'extrémité de son corps en queue de poisson est bourrée de produits de défécation », un sentiment de tristesse se dégage du rêve.
Une très violente colère à 17 ans l'a opposé à son père, lorsque celui-ci l'a séparé d'Odile son premier amour. Depuis il utilise lorsqu'il s'isole pour peindre et se masturber des sous-vêtements féminins.