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Il serait simple et réductif d'attribuer à J. Gillibert la « phallicité » comme axe autour duquel il construit son édifice auto-érotique, si magistralement érigé dans son rapport.
Cependant, en réfléchissant à l'exemple « clinique » de Don Juan, que J. Gillibert qualifie d' « être mythique », j'ai pensé à un autre mythe, celui d'Apollon selon la théogonie chthonienne, mythe que je tâcherai de présenter le plus cliniquement possible.
Tout au long de la théogonie chthonienne l'axe phallique (1) est constamment présent : il figure comme signifiant nécessaire et métaphore permanente traversant et occupant tout le développement psychosexuel (parallèlement à l'évolution théogonique) dès son origine.
Selon cette théogonie, au commencement était la Terre-mère (2), personnage souterrain qui avait à Delphes (nommé Pythô à l'époque) son fils Python en tant que représentant et gardien.
Nous voyons, donc, dans cette situation originaire la Terre-mère avoir pour phallus Python et Python être le phallus de la mère.
Selon le mythe, Apollon, quelques mois après sa naissance, tue Python au nom de Zeus, dans le but de détrôner la prophétesse Terre-mère qui régnait à Delphes (Pythô).
Par ce matricide symbolique, en châtrant la mère-phallique, Apollon, d'une part, coupe ses liens maternels en tant qu'enfant et, d'autre part, coupe aussi les liens de sa génération de jeunes dieux avec la Terre chthonienne, représentant les dieux archaïques (3).
Ainsi Apollon n'est plus l'enfant phallus ; il « manque à être »