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Que tout analyste ait à suivre pour son compte, comme pour celui de son patient, le cours de pensées auto-érotiques, liées aux souvenirs, aux fantasmes, et à la défense devant la relation qui s'installe, cela est un fait qui est loin d'être rare.
Que le discours et la pensée s'accrochent souvent à l'auto-érotisme des deux sujets pour ne pas s'ancrer dans la relation, est ce qui va de soi puisque l'analyse concerne les limites des figures libidinales de l'homme, leur vécu et leur mise en traduction (1).
Que le fantasme qui charge les pensées et le discours et qui porte sur les activités auto-érotiques soit un moyen d'éviter le conflit avec les objets passés, présents et peut-être aussi avec ceux à venir, autant qu'un médiant qui réactive ce conflit par l'interférence de l'action interdictrice des imagos surmoïques, comme Spitz l'a bien signalé (2), cela fait peu de doute.
Michel Fain et Denise Braunschweig ont souligné ce que Freud a révélé du double sens (3) dont l'auto-érotisme est porteur : séparation d'avec l'objet et déni de la castration par le plaisir retrouvé sur le corps propre qui fonctionne là simultanément comme objet et comme objet de l'objet; Gratification, réparation du trauma narcissique, répression et réalisation du fantasme incestueux (4) de l'union, décharge de la tension, le tout recouvert par l'autonomie et l'autarcie de l'activité erotique face à l'objet. Ce à quoi les enfants réellement déprivés n'arrivent pas et c'est pourquoi les jeux auto-érotiques ne s'installent pas (5) chez eux.
Mais ce n'est pas des pensées auto-érotiques et de ce que le langage peut révéler de leur sens ou de leur finalité en analyse que je voudrais parler.