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Lorsque Œdipe fut abandonné au Cithéron, ce fut là l'origine d'une bien triste, d'une bien belle, d'une bien longue histoire.
Mais le plus clair de cet acte fondateur fut de tout embrouiller.
Et d'abord les origines. Dès lors, des questions étaient posées qui, pour une fois, reçurent, bien plus tard, des réponses. Et quelles réponses !
Pourtant, le destin d'Œdipe prenait sens à perdre ses origines.
C'était il y a si longtemps…
Aujourd'hui il me faut, bien plus prosaïquement, vous situer les raisons qui m'amenèrent à produire le modèle de l'Œdipe originaire.
Depuis quelque temps, pour me justifier la survenue de l'Œdipe, j'avais beau faire, je ne parvenais plus à me satisfaire du recours freudien à la phylogenèse, pas plus d'ailleurs que du postulat kleinien d'un Moi et d'un objet précocissime.
Mais Freud était bien le premier à percevoir la précarité de l'argument phylogénétique ; ne disait-il pas ne l'accepter qu'en dernier recours ? Il est vrai que ce dernier recours prit une importance grandissante dans son œuvre, à mesure qu'il se convainquait de la prégnance de la question des origines et, qu'en même temps, il se confortait dans la croyance de n'avoir d'autre réponse que dans le biologique héréditaire. Je ne discuterai pas ici des raisons qui purent l'amener à ce choix, elles n'appartiennent plus qu'à l'anecdote et la psychanalyse de Freud, si elle en reste là, n'est qu'exercice de salon. Nous ne retiendrons que le fait qu'il crut devoir choisir et maintenir l'explication phylogénétique.