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L'idéalisation et l'identification, qui sont les modes habituels des mouvements économiques entre l'investissement du Moi et celui des objets, maintiennent en fait une relation objectale et leurs mécanismes nous sont compréhensibles. Mais, à l'inverse, le narcissisme qui conduit au rejet de l'objet est la source de difficultés théoriques et pratiques.
Le narcissisme primaire correspond à cet aspect et Freud, après lui avoir assigné un statut théorique simplifié, ne s'en est plus occupé.
La question ne paraît pas résolue pour autant et si la discussion théorique sur le passage d'un état anobjectal à la relation d'objet se poursuit, la clinique nous sollicite aussi en montrant partout à l'œuvre un amour démesuré de soi, qui rechigne à se risquer dans la relation problématique avec les objets.
C'est le cas que je vais exposer, exemplaire par son refus objectal, qui m'a incité à cette réflexion sur le narcissisme.
N… s'est adressé à la psychanalyse il y a cinq ans. Il était âgé de 34 ans et, depuis une douzaine d'années, affecté par une peur obsédante de rougir en public.
A l'âge de 22 ans, il s'était retiré du monde pour vivre chez sa mère, refusant de travailler et de nouer des relations avec les autres. C'est parce qu'il ne pouvait plus supporter cette situation de réclusion qu'il résolut de s'engager dans une analyse.
Ce grand phobique est demeuré jusqu'à présent à l'écart du monde, malgré la disparition de son érythrophobie. Son cas évoque le « narcissisme moral » décrit par Green, mais il s'en distingue par une sorte de conflit incessant entre le narcissisme et la relation avec autrui, qui ne