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En 1975 a été célébré le centenaire de naissance de Thomas Mann, le célèbre écrivain allemand mort en 1955, que l'attribution du Prix Nobel de littérature avait mondialement consacré dès 1929. A cette époque, sa prestigieuse carrière littéraire était déjà illustrée par Les Buddenbrooks, Tonio Kröger, La mort à Venise, La montagne magique, pour ne citer que les plus célèbres de ses œuvres. Ce furent ensuite la tétralogie de Joseph et ses frères (1933-1943), Le Docteur Faustus, Les confessions du chevalier d'industrie Félix Krull. Du fait de son opposition résolue et déclarée au national-socialisme, ses livres connurent les flammes du bûcher, et lui-même l'exil, tout comme son illustre aîné, S. Freud.
Les deux hommes se connaissaient, s'estimaient, et leur amitié ne se démentit jamais depuis sa première manifestation en 1929 jusqu'à la mort de Freud en 1939. C'est en 1929, en effet, que Th. Mann publia un essai intitulé La position de Freud dans l'histoire de la pensée contemporaine, dans lequel il range le « psychologue de la pulsion » parmi les grands auteurs des XIXe et XXe siècles qui ont su s'opposer au rationalisme, à l'intellectualisme, au spiritualisme du XVIIIe, voire du XIXe siècle, en insistant sur le primat de l'affectif sur le raisonnable, en réhabilitant « le côté nocturne de la nature et de l'âme en tant que déterminant et créateur véritable de la vie ».
Freud fut sensible à cet hommage du grand écrivain. Cela n'émoussa pas pour autant son sens critique, puisqu'il écrivit le 28 juillet 1929 à Lou Andreas-Salomé2 : « L'essai de Thomas Mann est pour moi un grand honneur. L'auteur m'a donné l'impression d'avoir eu justement tout prêt un travail sur le romantisme au moment où on lui a demandé d'écrire quelque chose sur moi, et ainsi il a garni son demi-article par devant et par derrière, d'un placage de psychanalyse ; comme disent les ébénistes : le corps est d'un autre bois. Quoi qu'il en soit, lorsque Thomas Mann dit quelque chose, cela se tient. »
En 1931,