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Avant que de livrer ici quelques-unes des réflexions qui ont amené Jean Kestemberg et moi-même à élaborer certaines modalités particulières de la relation à l'objet que nous avons définie comme fétichique1, il me faut sans doute signaler dès l'abord ce en quoi elle s'écarte de/et cependant prend sa source tant dans la conception de Freud du fétichisme que dans l'acception courante de ce terme. Il n'est pas besoin de revenir ici sur la définition que Freud a donnée du fétichisme2. Il suffit de rappeler qu'elle se fonde sur le déni de la castration, le fétiche étant le représentant du pénis perdu ou perdable et par là même garant de l'intégrité corporelle de l'individu. Freud démontre avec clarté comment un tel déni de la réalité entraîne et traduit un clivage du Moi et implique un fonctionnement psychique qui n'est plus celui qui répond à l'organisation névrotique. En bref, l'angoisse de castration ne peut trouver d'autres aménagements que celui de sa négation propre grâce au mécanisme de déni, certes, mais aussi à la projection sur une chose de la valeur d'intégrité narcissique nécessaire à l'appareil psychique. Si l'on veut — et nous n'avons pas manqué de le faire — s'autoriser à extrapoler à partir du terrain des perversions sexuelles proprement dites auquel le concept de fétichisme est lié, à une zone de fonctionnement psychique plus étendue, il apparaît, dès cette description même de Freud, que le fétiche est en quelque sorte à la fois animé par ce qu'il contient de la projection de l'intégrité narcissique dont il est porteur et désanimé, du fait même que cette intégrité narcissique est dévolue à une chose. En somme, l'on passe de la per