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« Essence et existence, imaginaire et réel, visible et invisible, la peinture brouille toutes nos catégories en déployant son univers onirique d'essences charnelles, de ressemblances efficaces, de significations muettes. »
« Cette grande symphonie du jour, qui est l'éternelle variation de la symphonie, cette succession de mélodies, où la variété sort toujours de l'infini, cet hymne compliqué s'appelle la couleur. »
La problématique similaire de deux patients exerçant l'un et l'autre une activité artistique nous a amenée à quelques réflexions concernant la créativité graphique et picturale, en rapport avec l'organisation psychologique et psychopathologique de la personnalité.
En particulier, il nous est apparu que les difficultés névrotiques auxquelles se heurtaient ces deux patients pour s'exprimer par la couleur méritaient peut-être d'être rapprochées dans une perspective heuristique de celles qu'aurait pu connaître « le peintre de l'inconscient » par excellence Odilon Redon ; en effet ce dernier a passé la majeure partie de sa carrière artistique à ne s'exprimer que par « ses noirs », n'abordant la couleur que très tardivement, à l'approche de la soixantaine, après une véritable mutation de son art. A partir de ces considérations nous nous proposons donc de tenter une approche psychanalytique de l'œuvre de Redon, si particulière dans son évolution.