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(Samson ouvrit son cœur à Dalila) : « Le rasoir n'a jamais passé sur ma tête, lui dit-il, car je suis un nazir de Dieu depuis le sein de ma mère. Si on me rasait, alors ma force se retirerait de moi, je perdrais ma vigueur, et je deviendrais comme tous les hommes… » Dalila endormit Samson sur ses genoux, et elle appela un homme et elle rasa les sept tresses de sa chevelure. Alors, il commença à perdre sa vigueur et sa force se retira de lui.
Le patient, un jeune homme de 27 ans que nous appellerons Gad, vient à l'analyse pour des troubles sexuels qui se caractérisent par une « impuissance » et des éjaculations précoces. Il n'a de ce fait pratiquement jamais vécu d'expériences sexuelles satisfaisantes, car même s'il parvient — ce qui est extrêmement rare — à pénétrer une femme, il éjacule immédiatement. L'état psychique qui connote l'activité sexuelle est particulier : « Lorsque je suis avec une femme, dit le patient, je ne sais plus qui je suis, je perds mon identité. » Sur cette interrogation quant à l'identité sexuelle — et finalement, l'identité subjective —, se greffent comme nous le verrons, à la fois une incertitude concernant le sexe propre, et une crainte de la femme, chacun de ces thèmes supportant une grande variété d'élaborations fantasmatiques. Aux troubles sexuels, s'associe un état traumatique sévère, consécutif à une période de guerre au cours de laquelle le patient s'est distingué par son courage et son héroïsme.
Nous retiendrons les éléments anamnestiques suivants de l'histoire du patient2. Gad et sa sœur cadette, dont les parents sont émigrants, sont nés