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Ce n'est pas une somme théorique, ce n'est pas un enseignement doctrinal, ce n'est pas un récit de vie, de cas, d'auto-analyse, etc., ce n'est pas non plus un pavé d'ésotérisme ni une frénésie d'éditeur, c'est un itinéraire : 200 pages, 13 articles écrits de 1964 à 1976, issus — précise notre auteur — d'une « même recherche empirique ». Nous voilà prévenus : c'est un praticien qui parle. Interventions circonstancielles (congrès, colloques) ou réflexion au long cours (sur l'art et sur la mort), mais aussi textes « nés directement d'expériences cliniques qui me forçaient à approfondir ou à renouveler mes propres concepts » : le possessif (mes propres concepts) est à noter, il désigne l'originalité et le péril de cet itinéraire. Il ne s'agit en effet ni d'une appropriation pure et sage des concepts freudiens ni, à l'opposé, de la création d'un système totalisant, minervien, issu tout armé d'un cerveau théorique. Michel de M'Uzan part de Freud et s'en fait accompagner ; il reste arrimé à l'économie, aux « transferts » libidinaux, aux flux, afflux et reflux de la quantité, à l'Œdipe et à la castration comme « agents historiques d'une organisation psychique » et d'un « paysage mental » du sujet œdipien « bien retranché dans les limites de son identité ». Mais cet itinéraire montre aussi une autre marque, celle, historiquement datée dans le mouvement psychanalytique français, de la « dépersonnalisation », concept que l'auteur ouvre ici largement à la psychopathologie des vies quotidiennes, celles, entre autres, de l'écrivain, du pervers, du psychanalyste et du mourant. La théorisation témoigne alors tout particulièrement d'une recherche personnelle, passionnée et… passionnante pour le lecteur : recherche des mots et des arguments pour dire l'inquiétante étrangeté des limites, du Moi et du non-Moi, du dehors et du dedans, celle des « ébranlements de l'identité du sujet », des vacillements de l'être, des moments de saisissement, de l'inspiration, et celle aussi de l'expansio