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Leur élaboration dans le transfert et le contre-transfert
Le thème de ce Séminaire, choisi comme chaque année par les participants de ce Séminaire eux-mêmes, me paraît être un bon choix, parce que son développement devrait éclairer un des aspects les plus importants de la cure psychanalytique : il nous ramène en effet à certaines manifestations du transfert et du contre-transfert, desquelles l'analyste doit être non seulement averti mais parfaitement conscient. Il n'y a pas de technique psychanalytique bien comprise si l'analyste ne sait pas que les tentatives de séduction et les fantasmes qui les accompagnent sont pour ainsi dire inévitables, et cela dans la mesure même où le transfert est « réussi ». En effet tout transfert, nous le savons, consiste à reproduire à l'intérieur du traitement le conflit qui pour le malade a été dans sa petite enfance un facteur affectif déterminant : amour ou haine, soit pour le parent de même sexe, soit pour le parent de sexe opposé, tout cela l'enfant l'a éprouvé avec une grande intensité, et c'est cela même — amour ou haine — qu'il va retrouver dans la relation psychanalytique, vis-à-vis du psychanalyste, celui-ci représentant toujours — dans la mesure, je le répète, où le transfert lui-même est « réussi » — le parent qui a définitivement marqué l'orientation affective du petit enfant.
Je ne vais certes pas entrer ici dans les méandres du transfert et du contre-transfert : c'est l'abc de la cure psychanalytique, et je suis convaincu que vous en connaissez déjà au moins l'essentiel. En outre, d'autres et moi-même avons déjà tellement dit et écrit sur la question que je m'en voudrais de rabâcher sur un aspect de l'analyse qui est archiconnu.
Ce qui nous intéresse plus particulièrement aujourd'hui, ce sont les « tentatives de séduction et les fantasmes qui les accompagnent au long de la cure »,