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Le thème antique de la grande déesse (Cybèle ou Astarté) et du jeune Dieu (Athis ou Adonis), la Rhéa et le Zeus du mont Ida des temps préhistoriques ont contribué à me faire interroger le tableau Sainte Anne de Léonard de Vinci en franchissant les plis du voile de Marie, en forme de vautour selon O. Pfister.
Chez Freud attentif à cette œuvre je crus discerner une évolution, des effets de miroir, des concordances avec ce mouvement de croyance religieuse menant des déesses-mères au culte de Marie non sans comporter un temps de religion du père et bientôt du fils. Le souvenir d'enfance de Léonard de Vinci unique dans l'œuvre freudienne par son contenu et sa facture littéraire m'apparut comme une plaque tournante d'où il est possible de rayonner dans divers sens.
Plus de dix ans après l'abandon critique, et relatif d'ailleurs, de la première thèse de la séduction par l'adulte, celle-ci obtient ici une version qui se déploiera dans La féminité en 1932 d'une façon cependant suffisamment discrète pour entretenir la méconnaissance de bien des lecteurs conformément à ce vers de la première partie de Faust cher à Freud : « Das Beste was du wissen kannst darfst du den Buben doch nicht sagen »1 auquel j'ajouterai « das Ewig Weibliche zieht uns Hinan »2.
Selon Freud la séduction subie par le jeune Léonard dans les bras maternels trouverait son expression peinte achevée quelque cinquante ans plus tard et c'est comme si Freud empruntait cette trajectoire vitale différente de la sienne pour nous confier des secrets d'amour que la longévité de sa mère ne lui permettait pas de percevoir autrement. Peut-être s'agit-il d'un « On est prié de fermer les yeux » ?
La résurgence de la déesse-mère dans la foi occidentale fait la grâce des visages du Léonard tardif et le lyrisme de Freud pour s'appliquer à l'histoire merveilleuse de cette mère Catarina et de ce fils.
De ces effets de pinceau pour l'un, de plume pour l'autre le thème byzantin de la dormition de la Vierge pourrait constituer une exp